Santé maternelle et néonatale et développement de la petite enfance en Éthiopie rurale

Nom de l’organisation :

Pays de mise en œuvre:

Éthiopie

Sites :

Arsi Negele District, Oromia Regional State of Ethiopia

Rural / urbain / péri-urbain :

Rural

Bénéficiaire cible :

Mères

0-2 ans

Prestateurs intermédiaires :

Soignant

Objectif :

Accroître les connaissances et les compétences des parents à faible revenu, peu alphabétisés, dans les milieux ruraux, en protégeant et en favorisant le développement précoce du cerveau des enfants.

Description de l’innovation :

Mise en œuvre de l’apprentissage par le jeu complémenté par une technologie de communication audio-visuelle interactive offrant un bon ratio coût-efficacité.

Étape de l’innovation :

Démonstration de principe

 

Santé maternelle et néonatale et développement de la petite enfance en Éthiopie rurale

Nom de l’organisation

Christian Children’s Fund of Canada

Sites

Arsi Negele District, Oromia Regional State of Ethiopia

Rural / urbain / péri-urbain

Rural

Bénéficiaire cible

Mères

0-2 ans

Prestateurs intermédiaires

Soignant

Objectif

Accroître les connaissances et les compétences des parents à faible revenu, peu alphabétisés, dans les milieux ruraux, en protégeant et en favorisant le développement précoce du cerveau des enfants.

Description de l’innovation

Mise en œuvre de l’apprentissage par le jeu complémenté par une technologie de communication audio-visuelle interactive offrant un bon ratio coût-efficacité.

Étape de l’innovation

Démonstration de principe

 

Résumé de l’innovation

0589 logo ccfcEn Éthiopie, il y a environ 11 millions d’enfants âgés de 0 à 3 ans [1], dont la majorité est privée de soins appropriés. La composante psychosociale du développement de la petite enfance, qui est essentielle à un bon développement cognitif, linguistique et socio-affectif et à l’adaptation à de nouvelles situations contextuelles, est largement ignorée. Environ 44 % des enfants éthiopiens ont un retard de croissance et 29 % présentent une insuffisance pondérale [2]. Cependant, cela n’est pas uniquement dû à un manque de nourriture. Les connaissances et les compétences des parents sur l’alimentation des enfants et la nutrition prénatale sont généralement très faibles.

Le projet vise à améliorer le développement holistique (la santé et le développement physique, cognitif, linguistique et socio-affectif) de 3000 enfants âgés de 0 à 3 ans dans 2500 ménages.

Le projet utilisera deux méthodes de diffusion de connaissances complémentaires : l’apprentissage par le jeu (APJ) et des programmes d’enseignement audio-visuel axés sur le développement précoce du cerveau. Des calendriers illustrés d’images d’APJ seront utilisés par les parents pour stimuler le sens de soi et les habiletés motrices, langagières et cognitives d’enfants âgés de 0 à 3 ans. Le matériel d’enseignement audio-visuel (messages vidéo) axé sur la nutrition, la vaccination, l’assainissement, l’hygiène et la prévention des pratiques traditionnelles néfastes et des infections chez les enfants, ainsi que sur la santé maternelle sera produit localement et diffusé de manière interactive auprès de familles rurales ayant un faible niveau d’alphabétisation à l’aide d’appareils portables faciles à utiliser. La prestation du programme sera intégrée aux initiatives d’éducation sanitaire mises en œuvre par les spécialistes en vulgarisation du ministère de la Santé, qui sont responsables de la coordination des services de base à la petite enfance.

Impact

  • Formation dispensée à 60 travailleurs sociaux, spécialistes en vulgarisation sanitaire et membres de l’armée affectés au développement sanitaire (promoteurs de la santé) dans 7 sous-districts du district d’Arsi Negele.
  • Formation dispensée à 2500 parents (soignants) axée sur l’apprentissage par le jeu (APJ), le développement précoce du cerveau, les besoins de développement de leurs enfants au niveau du sens de soi, de la croissance physique, de la cognition, des communications et des relations, ainsi que la santé maternelle et infantile; ils auront accès à du matériel d’APJ.
  • 3000 enfants âgés de 0 à 3 ans recevront l’intervention (allaitement précoce exclusif, alimentation adéquate de l’enfant, vaccination, relation d’attachement/sécurité, hygiène, la prévention des infections, et autres formes de stimulation précoce) par les parents.

« Les investissements dans les enfants et les jeunes arrivent souvent trop tard dans leur développement, entraînant des problèmes sociaux et économiques importants plus tard dans la vie. Trop souvent, on finit par traiter les symptômes des principaux problèmes et non les causes sous-jacentes. Nous savons que l’investissement dans le développement précoce du cerveau conduit à une réduction des principaux problèmes auxquels sont confrontés les enfants et les jeunes à mesure qu’ils grandissent. Nous sommes une équipe de chercheurs, de praticiens et d’entrepreneurs sociaux qui veulent trouver une solution aux obstacles au développement de la petite enfance (malnutrition, manque de soins et de stimulation précoce) et créer un modèle durable et évolutif pour ce faire. »
[Philip Tanner (PhD), chef de projet]

Innovation

Le projet vise à implanter un système de diffusion des connaissances offrant un bon ratio coût-efficacité, grâce à l’innovation au niveau du contenu et des messages et au recours à une technologie élémentaire de diffusion continue. Un programme d’APJ éprouvé sera mis en œuvre dans les zones rurales où l’alphabétisation est faible et l’accès aux médias limité, et où l’infrastructure de santé est sous-développée. Il appuiera les parents et les soignants par la modification des comportements dans l’éducation des enfants afin de mieux protéger et favoriser le développement précoce du cerveau. Le projet utilisera deux approches complémentaires :

Programme d’apprentissage par le jeu

Le programme d’apprentissage par le jeu (APJ) et le matériel connexe ont été élaborés par le centre Hincks-Dellcrest et Santé publique Toronto. Les calendriers illustrés d’APJ représentant les étapes successives du développement de l’enfant, avec une brève description d’activités de jeu simples qui montrent aux parents ce qu’ils peuvent faire pour promouvoir le développement sain de l’enfant, seront traduits en langue locale et les illustrations seront adaptées au contexte local. Le projet intégrera le programme d’APJ au programme national de vulgarisation sanitaire afin de contribuer à l’amélioration de la santé et de la vie des jeunes enfants et des mères.

Programme d’enseignement audio-visuel axé sur le développement précoce du cerveau

Une approche participative dirigée par la collectivité sera employée pour la production et la diffusion du programme d’enseignement audio-visuel de manière à faciliter les discussions et l’apprentissage parmi les parents et à améliorer l’adoption des meilleures pratiques pour le développement précoce du cerveau. Des travailleurs sociaux formés produiront des scripts et des vidéos adaptées au contexte local en y impliquant des mères et des pères modèles qui utilisent déjà les meilleures pratiques de soins de la petite enfance. Des messages vidéo mettant l’accent sur l’allaitement maternel exclusif, la vaccination, la promotion de la stimulation précoce et la santé maternelle seront diffusés par des agents de vulgarisation sociale/sanitaire qui ont reçu une formation et utilisent du matériel portable fonctionnant à piles rechargeables.

Les parents seront organisés en groupes pour regarder ces vidéos et participer aux discussions et échanger leurs expériences après que la vidéo ait été présentée.

Partenaires clés impliqués dans la prestation du programme

Les travailleurs sociaux seront chargés d’identifier, de mobiliser et d’organiser les parents (les soignants) pour qu’ils participent aux séances de formation et d’enseignement, de dispenser de la formation sur l’APJ et d’aider les agents de vulgarisation sanitaire (AVS) dans l’exécution du programme d’enseignement audio-visuel et le suivi de l’utilisation des calendriers d’APJ par les parents (soignants).

Les agents de vulgarisation sanitaire (AVS), qui sont employés par le ministère de la Santé pour mettre en œuvre le programme de vulgarisation sanitaire, joueront le rôle de prestateurs du programme de d’enseignement audio-visuel aux parents, qui met notamment l’accent sur la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (SMNE). En outre, ils fourniront un appui technique aux parents sur la façon de mettre en pratique ce qu’ils ont appris en effectuant des visites à domicile. Les agents de vulgarisation sanitaire rencontreront les parents à intervalle mensuel pour partager des renseignements et des expériences et discuter des succès, des défis et des leçons tirées.

L’armée du développement de la santé (ADS), constituée de membres de la collectivité (dont des mères modèles) jouera un rôle actif en vue de faciliter les discussions communautaires et le transfert de renseignements et de connaissances, et d’encourager les mères à rechercher des soins SMNE et à adopter de meilleures pratiques d’éducation des enfants. L’ADS travaille en étroite collaboration avec les AVS pour promouvoir les soins SMNE et le développement de la petite enfance dans les collectivités au niveau local.

Collaboration

Les bailleurs de fonds

Mise en œuvre

Soutien

Collaboration à l’appui du déploiement et de la durabilité

Bureau de la santé (Éthiopie) (organisation participante pour soutenir le déploiement à l’échelle et la durabilité du projet)

Mise en œuvre

Infrastructure existante du secteur de la santé

Le plan actuel de développement du secteur de la santé et le cadre de politique pour les soins et l’éducation des jeunes enfants, avec la volonté du gouvernement local à travailler conjointement avec la CCFC, faciliteront la mise en œuvre, le déploiement à l’échelle et la durabilité du programme.

Défis

Les obstacles prévus à l’amélioration du développement de la petite enfance dans la mise en œuvre de ce programme sont notamment :

Les tabous alimentaires

Les tabous alimentaires existants qui empêchent les femmes enceintes et les enfants de manger certains aliments comme les fruits, riches en vitamines.

La participation limitée des pères

La participation limitée du père aux soins des jeunes enfants à cause des normes culturelles.

Le manque de volonté des parents

Le manque de volonté de certains parents à amener leurs enfants pour les soumettre à des mesures anthropométriques et psychométriques.

Les solutions envisagées pour surmonter ces difficultés :

Membres influents de la collectivité

Le projet fera appel à des membres influents de la collectivité tels que des chefs, des anciens et des personnalités religieuses pour faire connaître les pratiques traditionnelles néfastes et convaincre les parents de l’importance des messages du programme. Ces membres de la collectivité sont bien respectés et souvent consultés pour obtenir des conseils.

Formation

Une formation sera offerte aux pères et aux mères pour éliminer les pratiques traditionnelles néfastes et les disparités entre les sexes dans les pratiques d’éducation des enfants.

Continuation

L’innovation comprend une approche participative qui implique des chercheurs expérimentés, des responsables de programmes de développement de l’enfant, des agents de vulgarisation sanitaire, des administrations locales, des membres influents de la collectivité et des parents dans les processus de mise en œuvre pour obtenir les résultats attendus et déployer le projet à grande échelle. Celui-ci présente un attrait pour les soignants et les parents démunis des collectivités rurales et il peut être adapté à un faible niveau d’alphabétisation, ce qui signifie qu’il pourrait facilement être étendu à d’autres zones rurales.

Le CCFC et le Centre Hincks-Dellcrest ont une expérience de la mise en œuvre d’initiative d’apprentissage par le jeu (APJ) en Éthiopie, au Burkina Faso, au Ghana et dans d’autres pays, ce qui montre que le projet peut être déployé pour rejoindre des populations plus vastes.

L’implication de toutes les parties prenantes au projet sera élevée au niveau de l’exécution, du suivi et de l’évaluation, et à celui du partage des connaissances et des expériences afin de déterminer la meilleure stratégie pour déployer le projet à plus grande échelle en fonction des conclusions de l’évaluation du projet. L’ONG locale partenaire du CCFC et le Bureau de santé du district prendront le relais et étendront les approches novatrices à d’autres domaines.

Méthodes d’évaluation

Le projet utilisera un modèle randomisé contrôlé avec des volets innovation et groupe témoin dans sept sous-districts du district Arsi Negele. Le projet sera évalué en fonction 1) de l’amélioration des connaissances, des compétences et du comportement des soignants/parents dans l’éducation des enfants, et 2) du changement dans le développent physique, cognitif, linguistique et socio-affectif des enfants âgés de 0 à 3 ans.

Des méthodes de collecte de données quantitatives et qualitatives (enquêtes, enregistrement d’événements vitaux, questionnaires, entretiens, discussions de groupe, mesures anthropométriques et psychométriques des enfants) seront utilisées au point de départ, après l’intervention et il y aura un suivi après 4 mois à la fois pour les groupe visés par l’intervention et les groupes témoins.

Le projet comparera les évaluations du développement des enfants au point de départ et après l’intervention (questionnaires âges/étapes ou inventaire du développement de Kilifi, et MacArthur Child Communicative Development Inventory) pour mesurer la croissance et le développement de l’enfant.

Données quantitatives : Au moment de l’inscription à l’étude, un questionnaire de fond sera administré pour obtenir des données démographiques telles que l’âge des parents, la situation familiale, l’éducation des parents et le nombre d’enfants à la maison. Une enquête auprès des ménages sera menée pour recueillir des données sur la croissance et le développement des enfants, leur état nutritionnel, la vaccination, les maladies infantiles et la santé maternelle.

Données qualitatives : Des discussions de groupe seront organisées avec des mères et des pères d’enfants âgés de 0 à 3 ans pour évaluer l’utilisation de l’APJ, le changement au niveau des connaissances, des compétences et des pratiques des parents en lien avec le développement précoce du cerveau. Des entrevues en profondeur seront menées avec des agents responsables de la vulgarisation sanitaire, des travailleurs sociaux, des membres de l’armée de développement de la santé, des infirmières et des sages-femmes dans les établissements de santé. Les entrevues porteront sur la couverture et la qualité des services axés sur la santé maternelle, néonatale et infantile.

Analyse des données : la collecte, l’analyse et l’interprétation des données seront soumises à un protocole diligent d’assurance de la qualité et de la fiabilité. Les logiciels SPSS et NVivo ou d’autres logiciels plus appropriés seront utilisés, respectivement, pour l’analyse des données quantitatives et qualitatives.

Impact de l’innovation

L’innovation offre le potentiel de changer la vie des enfants en améliorant leur santé physique, mentale, et affective, et en changeant aussi la vie de leurs parents en créant des liens solides avec leurs jeunes enfants tout en améliorant leurs connaissances, leurs compétences et leurs comportements sur le plan de l’éducation. Cela aura subséquemment un effet positif et mesurable en termes de changements dans le développement (physique, cognitif, linguistique et socio-affectif) des enfants âgés de 0 à 3 ans. Le projet rejoindra 3000 enfants âgés de 0 à 3 ans dans 2500 ménages et permettra à ces enfants de franchir les étapes normales du développement.

Efficacité de l’innovation par rapport au coût

L’innovation repose sur le modèle de la diffusion de connaissances, qui est plus efficace, par dollar dépensé, et interactif en vue de permettre aux parents d’acquérir des connaissances et des compétences que l’approche classique de l’exposé magistral, qui est plus théorique. Ce modèle utilise du personnel local en renforçant leurs capacités techniques (à moindre coût) par une formation axée sur la façon de produire et de diffuser un enseignement audio-visuel au lieu d’embaucher des vidéastes externes (à un coût plus élevé).

Références

  1. Central Statistical Agency (CSA). [Ethiopia]. The 2007 Population and Housing Census of Ethiopia. Statistical Summary Report at National Level. Addis Ababa, Ethiopia: Central Statistical, 2008 1:p.8-9.
  2. Ethiopia Central Statistical Agency and ICF International. 2012. Ethiopia Demographic and Health Survey 2011. Addis Ababa, Ethiopia, and Calverton, Maryland, USA, 2012. p. 18-19, 110-186.
  3. Squires, J., & Bricker, D. (2009) Ages and stages questionnaires 3rd Edition: A parent-completed child monitoring system. Baltimore, MD: Paul Brookes Publishing.
  4. Hao M, et al. Early vocabulary inventory for Mandarin Chinese. Behav Res Methods. 2008 Aug;40 (3):728-33.
  5. Squires, J. et al. (2002) The ASQ: SE User’s Guide for the Ages & Stages Questionnaires®: Social-Emotional: A parent-completed, child-monitoring system for social-emotional behaviors. Baltimore, MD: Paul H. Brookes Publishing Co., Inc..
  6. Cohen NJ, et al. (2012) Learning Through Play International Program: Early Childhood Development Resources and Training- Program Outcomes. Edmonton, AB.

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Resources

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